Résultats de l’enquête de satisfaction sur le centre-ville d’Albi (3ème partie)

Voici le 3ème et avant-dernier épisode consacré à l’analyse du questionnaire sur le centre-ville. Dans les épisodes précédents, on a abordé les profils des personnes interrogées et leurs habitudes de fréquentation du centre-ville.

Ici, on évoquera successivement les points positifs et négatifs du centre ainsi que les propositions pour améliorer le cœur de ville (celles des sondé(e)s et les miennes).

Un beau centre-ville

En ce qui concerne les points positifs, tout d’abord, 248 personnes ont donné leur avis, soit un total de 4 pages de réponses. Il est à noter qu’une personne peut émettre autant de remarques qu’elle le souhaite.

Parmi les nombreuses réponses, c’est la beauté des lieux qui arrive en tête (27%), devant le cadre de vie, l’accessibilité pour les piétons et vélos ainsi que les commerces et services (toutes atteignent 13%). Tous ces points sont propres aux centres-villes historiques qui rassemblent le patrimoine, les services et la culture, exerçant ainsi un fort pouvoir d’attraction.

Pour revenir à Albi, les points positifs du centre-ville se concentrent presque tous exclusivement autour du plaisir de profiter de la ville (de son patrimoine, de ses rues piétonnes, de son aménagement urbain…). Le cœur de ville a, en effet, des allures de carte postale qui suscite, toutefois, de nombreuses critiques.

 

Un nombre varié de points négatifs 

263 personnes ont partagé ce qu’ils considèrent comme leurs points négatifs du centre-ville, soit un total de 6 pages.  A la première place des critiques, on retrouve bien évidemment la question du stationnement (40%). Il n’est pas étonnant que cette thématique apparaisse en tête des griefs. En effet, rappelons que  55% des gens interrogés n’habitent pas Albi et que parmi les 45% restant il y a fort à parier qu’une grosse proportion n’habite pas le centre. De plus, près de 7 personnes sur dix privilégient la voiture pour se rendre en cœur de ville. Les automobilistes étant majoritaires, il est donc logique que leurs préoccupations le soient elles aussi.

A côté de ça, on trouve de nombreuses critiques à l’encontre des commerces: faible diversité commerciale, commerçants pas toujours accueillants, amplitude horaire insuffisante, prix trop élevés.  Il est vrai qu’en termes de variété, on ne peut que constater une certaine consanguinité des boutiques du centre-ville. En effet, près d’un tiers d’entre-elles sont dédiées à l’habillement – essentiellement pour femmes – contre 6% pour l’alimentaire (marché couvert inclus), par exemple. En outre, beaucoup de personnes interrogées dénoncent le côté superficiel – voire inutile –  de nombreux commerces, dont la seule présence est due à l’effet UNESCO. D’autres regrettent la quasi-absence d’artisans (majoritairement des coiffeurs) et, a contrario, l’imposant cortège de grandes enseignes.

Le troisième point négatif qui ressort de cette enquête concerne le manque de vie dans le centre (11%) et vient contrebalancer les 8% qui le trouvent convivial et les 3% qui le considèrent comme dynamique. Derrière cette critique d’un centre-ville pas vivant, les personnes interrogées évoquent la pauvreté des animations de rue, le faible nombre de piétons dans la rue (sauf l’été), l’indigence du nombre de lieux associatifs… On est loin ici de l’image d’un quartier convivial et dynamique mise en avant par 10% des sondé(e)s et que l’équipe municipale exhibe dans de nombreux Albimag’.

Parmi les autres points négatifs, enfin, on trouve tout ce qui concerne les déplacements: circulation automobile (7%), transports en commun (3%), aménagements pour les vélos (3%) et pour les piétons (3%). Cette question des mobilités fera prochainement l’objet d’un deuxième article. Il sera question des imperfections des transports en commun, de l’insuffisance des pistes cyclables et de la dangerosité de certains secteurs pour les piétons.

 

Quelques propositions  

Mais alors? Que faire pour améliorer le centre-ville? Que lui manque-t-il? C’est à cette ultime question que près de 226 personnes ont répondu. Il n’est pas surprenant de voir que plus de la moitié des réponses se focalisent sur les commerces (27% plaident pour une plus grande diversité commerciale et 3% pour une plus grande amplitude horaire) et sur le stationnement (26% exigent la gratuité des places de parking). Rappelons que ces deux points cristallisent à eux deux 70% des points négatifs évoqués plus haut.

Concernant le souhait de voir des commerces différents venir s’implanter en centre-ville, les propositions divergent: grande enseigne qui jouerait un rôle de locomotive, artisans, commerces de bouche, boutiques bon marché, magasins bio… Il existe toutefois une volonté commune de ne pas voir le cœur de ville ressembler de plus en plus à un centre-commercial. De plus, tous semblent s’accorder pour dénoncer les prix exorbitants des loyers en centre-ville. Difficile dans ces conditions de parvenir à s’implanter et, pour ceux qui y parviennent, à durer. C’est d’autant plus dommage que le centre-ville compte environ 10% de fonds de commerce vides

Pour ce qui est du stationnement, nombreux sont ceux qui déplorent la croissante taxation des places de parking dans l’hyper-centre et exigent plus de gratuité. Au risque d’en froisser certain(e)s, je tiens à rappeler qu’il existe un nombre important d’endroits pour garer gratuitement sa voiture à proximité du centre-ville (moins d’un kilomètre). Pour plus de précisions, il est possible de consulter un article détaillé consacré au sujet. Au lieu de penser l’accès au cœur de ville uniquement à travers le prisme de la voiture, pourquoi ne pas réfléchir aux moyens d’améliorer les alternatives déjà existantes? Par exemple, 7% des personnes interrogées proposent la gratuité des transports (dans la ville), déjà en vigueur à Castres depuis 2008. On pourrait aussi imaginer des lignes de bus reliant Albi à l’ensemble des villes de l’agglomération (C2A) ou encore des navettes entre les différents quartiers d’Albi et dont le centre ne serait qu’un point de passage et non un point d’arrêt comme c’est le cas aujourd’hui. Toute la difficulté semble résider dans le fait que les usagers attendent plus de points de dessertes et plus d’horaires pour abandonner leur voiture, et la mairie attend de voir les bus actuellement en circulation se remplir avant de proposer de nouvelles lignes… Qui bougera en premier ?

En troisième position des pistes à suivre, on retrouve un ensemble de propositions qui concerne le cadre de vie et la convivialité: animations de rue (12%), aménagements urbains (7%), ouverture de nouveaux bars, restos, cafés et clubs (6%). En effet, nombreux sont ceux qui ont proposé d’augmenter le nombre d’espaces verts, de rues piétonnes et de terrasses ombragées. Il existe une vraie demande dans le sens d’une appropriation de l’espace par les piétons afin de permettre une véritable activité dans les rues, comme c’est le cas le jour de marché ou lors d’événements ponctuels comme la Nuit Pastel par exemple.

Pour finir, 7% des sondé(e)s aimeraient de nouveaux lieux dédiés à la culture et aux activités culturelles. Si le centre-ville est bien doté dans ce domaine, il existe quand même une demande pour l’implantation de nouvelles structures. Parmi les pistes envisageables, pourquoi ne pas penser à la réouverture du théâtre situé rue croix blanche, à l’abandon depuis plusieurs années?  On peut également imaginer un lieu associatif gratuit et ouvert à tous afin de redynamiser des secteurs en souffrance (rue Croix verte, rue Séré de rivières, rue Émile Grand, Castelnau…). Pourquoi ne pas envisager, aussi, la reconversion de bâtiments vides comme l’ancienne école Pasteur, située rue Peyrolières? Tout ceci est loin d’être utopique et ferait même écho aux propos de Stéphanie Guiraud-Chaumeil qui, dans un récent numéro d’Albimag’, se félicitait que la ville d’Albi « réinvente constamment ses lieux de convivialité en aménageant les plus traditionnels d’entre eux et en en créant de nouveaux »…. Encore faut-il que la mairie ose soutenir d’audacieux projets portés par des albigeois lorsqu’ils se présentent plutôt que d’être tentée par des réalisations pharaoniques et disproportionnées

 

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2 réflexions sur “Résultats de l’enquête de satisfaction sur le centre-ville d’Albi (3ème partie)

  1. Je ne comprends toujours pas pourquoi la Mairie et la C2A vous voue aux gémonies : votre site est une base de travail sensationnelle pour les élus de terrain

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    • Leurs attaquent s’expliquent simplement: à travers mon très modeste travail, je montre une image du centre-ville non conforme à celle qui est véhiculée depuis l’inscription de la cité épiscopale d’Albi à l’UNESCO en 2010.
      Le tourisme constitue un des piliers de la politique de la mairesse, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, qui parle d’Albi à travers ce prisme.
      Pour la C2A, dirigée par Bonnecarère, ancien maire d’Albi et mentor politique de Guiraud-Chaumeil, la logique est semblable. La mauvaise publicité faite autour d’Albi est néfaste pour la politique de développement territorial (Cap 2030).
      Tout ça pour dire qu’apporter des chiffres fiables sur la dévitalisation du centre-ville nuit au marketing politique qui est largement répandu à l’échelon de la mairie et à celui de l’intercommunalité. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les gazettes promotionnelles que sont Albi Mag et Grand A.

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