La majorité et l’opposition PS face aux problèmes du centre-ville: 1-1, la balle au centre

Dans le numéro d’avril d’Albimag, outil promotionnel de la politique municipale, la majorité de droite et l’opposition PS se sont emparées du problème des commerces du centre-ville à travers deux tribunes libres.

Au petit marché rue sainte-claire albi centre ville fonds de commerce vide

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opportunisme et l’absence de projet sont de mise. En effet, il aura fallu un reportage au journal télé et un article dans un journal local pour qu’une partie de la classe politique albigeoise s’engouffre dans la brèche de la défense du centre-ville.

La mairie et sa vision de la grogne des commerçants

Dans un texte intitulé « Halte à la sinistrose », le groupe majoritaire s’offusque du « discours ambiant sur la désertification du centre-ville et la faillite de ses commerces, relayé par certains médias et politiques locaux ». Il est vrai que cette mauvaise publicité (un reportage au journal de 13 heures de TF1 et un article de ma page Facebook dans la Dépêche notamment)  a le don d’agacer madame le maire et ses adjoints qui, depuis leur élection il y 2 ans, martèlent sans relâche un discours propre et consensuel sur le cœur de ville.

Toujours dans le même texte, on apprend qu’un « collectif de commerçants a décidé de remettre les pendules à l’heure et dire stop à la sinistrose ainsi entretenue », soit « quelques 200 commerçants rassemblés sur la place du Vigan ». Plus loin, on peut lire une citation anonyme qui, nous le verrons, ressemble fort à une déclaration d’un personnage bien connu de la mairie. Enfin, le passage sur la grogne d’une partie des commerçants se conclue par un soutien inconditionnel du « groupe majoritaire » qui « se range derrière ces commerçants ».

majorité municipale albi stéphanie guiraud chaumeil  place lapérouse

La fine équipe de SGC au grand complet (source: La Dépêche)

Stéphane Kuntz, les vitrines d’Albi et la mairie

Tout ceci mérite quelques éclaircissements car des informations ont été omises volontairement afin de tromper les albigeois et leur faire croire que la manifestation du 16 mars est une action naïve de simples commerçants en colère.  En effet, un article de La Dépêche relatant l’événement, nous apprend que « certains commerçants […] ne souhaitaient pas cautionner cette action pas vraiment spontanée mais très bien téléguidée ». Mais par qui? Peut-être par le mystérieux anonyme évoqué plus haut qui n’est ni plus ni moins que Stéphane Kuntz dont l’omniprésence dans cet article (2 longues citations, près d’un tiers du texte total) ne laisse aucun doute sur l’organisateur du rassemblement.

Mais au fait, qui est Stéphane Kuntz? Ancien négociateur pour la grande distribution, il est maintenant patron du supermarché Utile et président des Vitrines d’Albi, une association de commerçants financée notamment par… la mairie.

Dans ces conditions, on comprend mieux que la majorité en place à l’hôtel de ville soutienne une manifestation organisée par une de ses ouailles… et qu’elle n’ait pas jugé bon de préciser son nom dans un magazine tiré à 30 000 exemplaires. Ça ferait tâche auprès des électeursqui comprendraient la supercherie!

L’absence de projet de madame le maire

Passons sur cette petite omission et concentrons-nous sur les pistes mises en avant par les cerveaux de la mairie pour remédier à la crise actuelle du centre-ville.  Dans sa tribune libre, le groupe majoritaire met en avant deux choses:

– « la multiplications des animations ponctuelles », organisées par les vitrines d’Albi, qui doivent « développer l’attractivité » du cœur de ville

– « la politique événementielle soutenue par la ville », dont l’objectif est de capter le flux touristique

Un tel discours est-il surprenant de la part de l’ancienne adjointe au maire chargée du dossier Unesco?  Comment ne pas juger ce programme léger, superficiel et pas vraiment visionnaire? Par ailleurs, rappelons que la désaffection du centre (et des autres quartiers) n’est pas vraiment due à un manque de folklore. En effet,  le problème des zones commerciales périphériques, qui étouffent un peu plus chaque jour le cœur de ville, est central. Madame le maire ne veut pas regarder cette réalité en face et préfère laisser bétonner la Renaudié… et prendre des mesurettes.

albi centre ville fonds de commerce vide

 

Les justes critiques du PS…

Ce constat semble partagé du côté du parti socialiste albigeois. Dans une courte tribune intitulée « Booster le cœur de ville », les membres de l’opposition annoncent clairement la couleur:

« Même si le prix des fonds de commerce et des loyers sont en moyenne trop élevés en centre-vile, la cause des difficultés résulte des choix politiques.

20 ans de promotion de zones commerciales en périphérie, font de nous les champions du nombre de m² de surfaces commerciales par habitant. »

En outre, le PS albigeois souligne que « la manne touristique , largement exagérée, ne peut en aucun cas être la base unique d’un projet » pour Albi, taclant ainsi un des piliers de la politique municipale. En effet, le tout-tourisme se fait nécessairement au détriment des habitants et de leurs préoccupations et n’est donc pas viable à long terme.

… suivies de propositions floues

Si les remarques de l’opposition socialiste sur le centre-ville sont pertinentes, qu’en est-il de leurs propositions?  Sont-elles plus ambitieuses et convaincantes que celles de la majorité?

A en juger par la tribune libre publiée dans l’Albimag du mois d’avril, on ne peut que répondre par la négative. En effet, leurs affirmations prennent la forme d’assertions vagues: « rassemblons dans un projet global de multiples dispositifs […] », « imaginons ce que sera le cœur de ville de demain ». Rien n’est expliqué. Les seuls points sur lesquels nous avons des précisions concernent les mobilités: les conseillers municipaux socialistes entendent rendre les parkings gratuits le samedi et veulent construire un quatrième pont pour fluidifier la circulation automobile…

rue croix verte fonds de commerce vide albi centre-ville

Finalement, à bien regarder les approches de la majorité et de l’opposition socialiste, on ne peut qu’être frappé par le manque d’ambitions et de vue à long terme pour le centre-ville.

Au lieu de se focaliser sur l’attractivité et le stationnement, pourquoi ne pas imaginer une implantation de lieux associatifs autogérés, un plan de lutte contre les chaines commerciales,  une gratuité des transports en commun ou encore une extension du marché le mercredi et le dimanche?  Toutes ces mesures sont loin d’être irréalisables et n’attendent qu’une volonté politique. Elles devraient s’appliquer à l’ensemble des quartiers d’Albi, dont certains sont en décrépitude (Lapanouse, Veyrières…).

A côté de ça, il est urgent de prendre le problème des zones commerciales à bras le corps et de cesser de cautionner de nouvelles constructions comme celle de la Renaudié. En plus d’enlaidir les contours de la ville et de détruire des terres agricoles, ces espaces dévitalisent nos quartiers.

Si la classe politique ne veut pas s’occuper du problème, il st alors de notre devoir de citoyen de faire changer les choses.

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5 réflexions sur “La majorité et l’opposition PS face aux problèmes du centre-ville: 1-1, la balle au centre

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