Commerces en danger : les zones commerciales n’expliquent pas tout

Récemment, à Albi, une campagne d’affichage sauvage a eu lieu dans le centre-ville. Son objectif était de dénoncer la concurrence déloyale des zones commerciales périphériques (Portes d’Albi, Lescure, Ranteil-Puygouzon, Le Séquestre…) subie par les commerces de la cité épiscopale  qui sont obligés de fermer les uns après les autres.

centre-ville Albi campagne commerces de proximité contre les zones commerciales rue Augustin Malroux

Boutique de retouche de vêtements, rue Augustin Malroux

Les auteurs de cette action (dont j’ignore tout) ont habilement choisi un fond jaune et des slogans ironiques pour montrer leur colère face à un phénomène inquiétant : l’instabilité de nombreux petits commerces de l’hyper-centre qui ont du mal à survivre et à s’implanter durablement à cause des enseignes situées aux portes de la ville.

centre-ville Albi campagne commerces de proximité contre les zones commerciales rue Saint-Julien

Magasin de chaussures, rue Saint-Julien

Il ne faut pas prendre le problème à la légère et, à l’instar de madame le maire, penser que le tourisme est la solution miracle pour Albi. Le risque est grand pour notre belle cité épiscopale, élevée au rang de patrimoine mondial de l’humanité  il y a trois ans par l’UNESCO, de devenir un musée à ciel ouvert, sans âme et sans intérêt pour les albigeois.

centre-ville Albi campagne commerces de proximité contre les zones commerciales

Magasin de vêtements, rue de l’Hôtel de ville

En effet, les faits sont là et doivent nous ramener à la réalité. Des rues entières du vieux centre sont en voie de désertification (Emile Grand, Augustin Malroux, Saint-Etienne) tandis que des boutiques hors de prix prospèrent près des monuments touristiques. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer la répartition (géographique et sociologique) des commerces dans l’hyper-centre d’Albi.

centre-ville Albi campagne commerces de proximité contre les zones commerciales rue de l'Hôtel de ville

Librairie, rue de l’Hôtel de ville

Tout ça pour dire qu’il est urgent de s’interroger sur l’état actuel de l’offre commerciale dans l’hyper-centre d’Albi. Il n’est pas concevable qu’un 1 fonds de commerce sur 10 soit vide; que 35 % des boutiques soient dédiés aux vêtements et seulement 6 % d’entre elles concernent l’alimentation; que presque aucune association ou syndicat n’y trouve sa place.

Bref, il est anormal que le centre-ville d’Albi n’accueille pas tout ce qui pourrait lui apporter de la vie (peu d’argent, certes…).  Si l’attractivité des zones commerciales est une des causes de ce phénomène, la politique touristique de la municipalité fait en grande partie le reste.

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Une réflexion sur “Commerces en danger : les zones commerciales n’expliquent pas tout

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